Game’s on
Je me suis posé sur la devanture d’un bar sans intérêt à une table peu envieuse et j’ai commandé un shot d’un alcool fort dont je tairai le nom, pas assez glamour à mon sens. Après tout rien de tel que de contempler la dégénérescence de l’humanité la plus crasse depuis des décénnies d’un oeil blasé et désintéressé, sous la protection de grandes lunettes noires, sous le plombant soleil couchant de six heures passées, dans ce que les anglo-saxons ont pu surnommer The City of Love, avec une boisson forte qui rappelle à votre gorge les moments les plus intenses de votre existence.
Un rapide coup d’oeil à droite, à gauche, cet endroit est vraiment fait pour moi. C’est ma patrie, que je connais comme ma poche. C’est ce qui a précédé FuckingTown en fait. Le retour aux sources est toujours un moment de forte émotion paraît-il. Vrai qu’ici, c’est encore plus tape-à-l’oeil qu’ailleurs, mais tellement moins superficiel. Au moins, les gens semblent ne pas avoir besoin de se soucier du lendemain, la charge du présent est suffisamment présente dans leur esprit pour l’occuper en totalité.
J’erre un peu par ces rues, c’est comme si je ne faisais qu’un avec. Je croise des dizaines de personnes inconscientes du fait qu’elles font de la merde avec leurs vies respectives. Mais après tout ça ne fait que les concerner, tant pis, j’vais pas endosser ma cape de Superman et aller leur dire ! Chacun son lot d’emmerdes !
Bientôt 20h. Je vais être à la bourre pour la n-ième soirée où je vais flirter avec la névrose des petites bourges mal baisées venant assouvir ses besoins primaires auprès de BCBGs en costard/cravate qui n’impressionnent plus personne (à l’exception notable d’eux-mêmes). Quelque chose me dit que je vais me laisser tenter ce soir !
Juste le temps de me poser quelques secondes pour consulter l’actu brûlante de FuckingTown et de ses alentours. Evidemment je ne suis pas déçu, c’est toujours de la bonne merde sans intérêt déguisée dans un romantisme de mauvais goût qui ferait passer Twilight pour le chef d’oeuvre incontesté de ces dernières années…
Comprendra qui pourra, mais à qui écrit ce scénario dénué de tout piment, deux ans de pseudo gloire, pas plus, et encore, je suis généreux pour prolonger l’illusion. Après c’est pour Bibi.
Game’s on assholes !