August302009

Virtualiser, mais jusqu’où ?

Un des faits les plus insupportables de cette fin de décennie est le côté artificiel des relations dans lequel cette génération maudite tend à tomber, et il semble bien que le point de non-retour ait été atteint depuis bien longtemps. Il va de soi que les gens deviennent de plus en plus cons vis à vis des autres, à vivre de nouvelles cyber-addictions sans intérêt tout en s’éloignant inexorablement des fondamentaux du côté social de l’être humain.

A l’heure du buzzword virtualisation, il est immanquable de constater qu’il concerne également l’aspect social. Le web devait nous apporter de nouveaux moyens de nous exprimer tous, de manière plus libre, et c’est bien là que l’abruti de service l’exploite à d’autres tristes fins. Déblatérer des lignes de conneries sur “sa pauvre vie minable” est devenu le passe-temps favori d’un nombre incalculable de crétins en herbe, persuadés que ça intéressera le monde entier.

Semi-erreur, ni plus ni moins ! Il est maintenant élémentaire, grâce au super réseau social virtuel Facebook, de connaître tous les détails et autres futilités de la vie de ses soi-disant amis. Car comme je l’avais souligné auparavant, le mot ami semble être utilisé à drôle d’escient par les temps qui courent…

Ce petit bijou de technologie web moderne ayant fait la fortune de son créateur par l’addiction de millions de crétins participe grandement à la dépression des relations humaines, et à la perte des valeurs que peuvent être certains sentiments. Alors que l’on croit qu’il vous rapproche des autres, il ne fait que de vous en éloigner. Pendant que vous vous réjouissez d’avoir retrouvé votre grand pote de primaire, perdu de vue il y’a quinze ans minimum de cela (et à qui vous ne sauriez quoi raconter, mais bon, c’est votre ami, c’est évident !), vous artificialisez toutes vos relations sociales. En général peu vont résister à ce nouvel élan virtuel. Vous ne prendrez plus de nouvelles des personnes dont vous étiez proches, vous leur enverrez un message sur Facebook, ou écrirez sur leur mur… C’est tellement plus simple et moderne.

Ne vous moquez pas, ce comportement est presque devenu une norme. Facebook est le meilleur moyen à l’heure actuelle de savoir ce que fait votre entourage. Important de savoir que X a écrit un message à Y. Capital de savoir que votre collègue est célibataire depuis trois jours ! Officieusement, Facebook est la nouvelle addiction par excellence des cyber-addicts en manque de relations sociales dignes de ce nom. Chacun va donc espionner des cibles préférentielles pour savoir exactement qui fait quoi à quel moment. Arnaque de plus en plus addictive, tant le nombre de personnes, qui, au lieu d’occuper intelligemment sa soirée en réalisant une activité digne de ce nom, va l’exploiter de manière quasi-intégrale sur cette nouvelle drogue, croît de manière exponentielle.

Mais le pire, j’y reviens, c’est le côté artificiel de la chose. Auparavant, on téléphonait pour souhaiter un anniversaire, et parler à interlocuteur reste largement plus plaisant que de lire l’original “Joyeux Anniversaire !” sur son “mur”, preuve irréfutable que l’on ne dépensera plus la moindre minute de son temps à prendre des nouvelles. Pire encore, maintenant, il est devenu presque dans les moeurs de déclarer sa flamme à quelqu’un sur cette plate-forme virtuelle. Ce qui se disait au creux de l’oreille en privé, par une belle soirée d’hiver au coin du feu, est maintenant offert en digne récompense à toutes ces taupes pour les faire saliver, et avec la ferme intention d’avoir quelque chose à prouver jusque dans ces contrées virtuelles désolées. Il est maintenant gage de fidélité d’officialiser sa relation amoureuse sur Facebook, comme si c’était le plus parfait symbole d’une union que de le faire savoir à toute la galerie. Et de votre interlocuteur de s’en réjouir, de comprendre que c’est la plus belle preuve d’amour qui soit, à l’heure de la course à la plus grosse, soit au nombre d’amis sur ce réseau.

Personnellement, je me refuse à rentrer dans cette partie du rang, exhiber toute ma personnalité sur ces tristes pages. Je suis de ces irréductibles qui ont pensé que les paroles sont une chose, mais les faits en sont d’autres. Surtout quand les paroles ne sont qu’une façon de cacher son manque de personnalité. Car une cyber-relation ne remplacera jamais rien dans la vraie vie. Et a toutes les chances d’échouer lamentablement, par le matraquage de promesses en tous genres que l’on ne pourra jamais accomplir. Le flux de ces paroles en l’air inondera la réalité provoquant des dégâts irréparables, car l’on existe pour ce que l’on fait, et pas pour ce que l’on dit. Et refuser de rentrer dans le jeu peut se voir un jour être reproché. A croire que Facebook a été catalyseur de la génération artificielle, qui, telle une pieuvre, tend à imposer ses normes catastrophiques sur la cybersphère, contribuant inexorablement au désespoir étendu et à l’illusion omniprésente de bonheur virtuel.

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August252009

Now your enemy

La vi(ll)e dort maintenant. Le ciel a suffisamment chialé son désespoir sur ses artères et le soleil n’a pas vraiment su prendre sa part du gâteau tant qu’il le pouvait. Tant pis, le silence glacial s’est imposé, comme une trêve d’une trop courte durée, sur les pavés usés de ce qui fut jadis la voie royale des conquêtes les plus pathétiques. Passons. Le vent frais ne suffit pas à générer le moindre bruit, et il est malheureux de penser que ce calme avant la tempête ne pourra, comme trop de choses, pas durer…

Demain, la populace va encore vivre la même journée qu’aujourd’hui, et certainement la même qu’hier. Fort à parier que le Lambda de base va se lever pour aller remplir ses obligations pour la société (et dans la plupart des cas, dans l’intérêt pur et dur des “grands” de ce monde, qu’il déteste ou admire sans raison autre que l’aspect matériel…), occupera sa pause midi à s’extasier devant la vie inintéressante de son entourage sur un célèbre réseau social virtuel, passera son après-midi devant sa montre, avant de passer une soirée envieuse devant la télévision dans le meilleur des cas, sur un célèbre réseau social virtuel sinon. Il n’oubliera pas de tirer son coup s’il est chanceux, évidemment.

Quoi qu’il en soit, cette journée sans intérêt de ces millions de ploucs, tristes victimes du blues quotidien de la matérialiste civilisation occidentale, viendra balayer le charme mélancolique de l’impression désemparée laissée par ces rues vides. Car demain, pas plus qu’aujourd’hui, personne ne s’interrogera sur la vanité d’une vie humaine de ce calibre. Pas un qui décidera de remettre de côté sa tranquille résignation à la routine déprimante pour apercevoir, l’espace d’un soupir du temps - notre ennemi commun - qu’une autre issue était possible. Mais est-ce vraiment trop tard ?

Une vie, c’est pas cette putain de routine. Mais Lambda a fait comme un mouton, comme les autres, comme on lui a dit. Il pense mener une existence unique et heureuse, il n’est que banalité et dépendance. Car sa drogue, c’est sa routine, son entourage qui se réduit comme peau de chagrin, alors même qu’il est persuadé du contraire lorsqu’il déblatère son lot de futilités quotidien sur son fameux réseau social virtuel. Insistez bien sur ce dernier mot, voilà comment résumer une décennie de relations humaines torturées. Mais Lambda ne le sait pas ça. Il n’a pas compris qu’il avait perdu le contrôle de son existence. Désormais, il n’a plus vraiment d’objectif, que celui de penser passer du bon temps dans sa pauvre solitude. Il a agi à l’instinct, celui de suivre le troupeau, qui file droit vers son ravin…

Pire encore, Lambda a eu quelques accrocs dans le passé, avec d’autres individus qui pourtant étaient une part conséquente de sa vie. En bon teigneux, fier, irresponsable, et surtout susceptible, ou de peur d’égratigner ses convictions déjà malmenées, il a tourné court à la discussion et mis fin à une relation, qui, elle, s’avérait enrichissante, du point de vue de la diversité d’opinion évidente…

Lambda a d’abord fait basculer d’amour à haine, puis de haine à indifférence, et enfin d’indifférence à oubli total. Lambda croit qu’il a plein d’amis. Lambda n’a en fait même plus d’ennemis.

Lambda est maintenant son propre, seul et unique ennemi…

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August232009

Game’s on

Je me suis posé sur la devanture d’un bar sans intérêt à une table peu envieuse et j’ai commandé un shot d’un alcool fort dont je tairai le nom, pas assez glamour à mon sens. Après tout rien de tel que de contempler la dégénérescence de l’humanité la plus crasse depuis des décénnies d’un oeil blasé et désintéressé, sous la protection de grandes lunettes noires, sous le plombant soleil couchant de six heures passées, dans ce que les anglo-saxons ont pu surnommer The City of Love, avec une boisson forte qui rappelle à votre gorge les moments les plus intenses de votre existence.

Un rapide coup d’oeil à droite, à gauche, cet endroit est vraiment fait pour moi. C’est ma patrie, que je connais comme ma poche. C’est ce qui a précédé FuckingTown en fait. Le retour aux sources est toujours un moment de forte émotion paraît-il. Vrai qu’ici, c’est encore plus tape-à-l’oeil qu’ailleurs, mais tellement moins superficiel. Au moins, les gens semblent ne pas avoir besoin de se soucier du lendemain, la charge du présent est suffisamment présente dans leur esprit pour l’occuper en totalité.

J’erre un peu par ces rues, c’est comme si je ne faisais qu’un avec. Je croise des dizaines de personnes inconscientes du fait qu’elles font de la merde avec leurs vies respectives. Mais après tout ça ne fait que les concerner, tant pis, j’vais pas endosser ma cape de Superman et aller leur dire ! Chacun son lot d’emmerdes !

Bientôt 20h. Je vais être à la bourre pour la n-ième soirée où je vais flirter avec la névrose des petites bourges mal baisées venant assouvir ses besoins primaires auprès de BCBGs en costard/cravate qui n’impressionnent plus personne (à l’exception notable d’eux-mêmes). Quelque chose me dit que je vais me laisser tenter ce soir !

Juste le temps de me poser quelques secondes pour consulter l’actu brûlante de FuckingTown et de ses alentours. Evidemment je ne suis pas déçu, c’est toujours de la bonne merde sans intérêt déguisée dans un romantisme de mauvais goût qui ferait passer Twilight pour le chef d’oeuvre incontesté de ces dernières années…

Comprendra qui pourra, mais à qui écrit ce scénario dénué de tout piment, deux ans de pseudo gloire, pas plus, et encore, je suis généreux pour prolonger l’illusion. Après c’est pour Bibi.

Game’s on assholes !

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August222009
“Love ain’t the basis for action in a nation of addicts pacing and waiting for seconds of satisfaction.
Just use caution and know, that, love ain’t nothing but a loss of control, off then, we go.”
Cunninlynguists ft. Tonedeff - Love ain’t
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August202009

On the road

J’ai pris la route tôt l’autre matin, sans vraiment savoir où aller. J’ai vu toujours les mêmes mines déconfites de partout sur la route, qui était tout sauf aussi belle que celle qui m’avait amenée à FuckingTown. Ca et là quelques vieilles clôtures délabrées, par ici des vestiges d’une zone industrielle d’un autre âge. Dure déconfiture de ce début de siècle. L’herbe manquait d’ailleurs presque d’entretien… Plus jaune qu’un vestige de coucher de soleil sur une rivière polluée. Rien de bien alléchant pour le moment.

Cette fuite des temps modernes vient à peine de commencer, et pourtant je ne fais que d’être convaincu de ce que la postérité pourra retenir de cette génération névrosée : De l’idéalisme noyé dans la résignation, de la satisfaction de peu ou pas grand chose, et des faux-semblants de romantisme fondés sur le bourrage de crâne que l’on tente de vous inculquer depuis votre plus jeune âge !

Non ma puce, la vie c’est pas ça. La vie, si tu pars comme ça, c’est son lot de crasses, et t’as intérêt à te préparer au plus vite sinon tu vas prendre ta claque dans la gueule et tu chialeras le contrecoup de la défaite et tu hurleras à l’injustice sur tous les toits. Et ils te diront qu’il faut savoir perdre. Mais au final t’auras plus grand chose à gagner…

L’échappatoire, c’est de contrôler toutes ses émotions. Rester maître de la situation et ne pas dépendre de quoi que ce soit. Ne rien idéaliser et rester en permanence sur ses gardes. Ne jamais se voiler bêtement la face comme vous le faites si souvent.

Et, même en dehors de FuckingTown, j’ai vu la même chose. Des promesses qui ne seront jamais tenues, du bonheur factice qui tient à peu de choses près à de l’illusion, une impression d’harmonie déjà dépassée par du déséquilibre relationnel remarquable.

J’ai pas le temps de m’attarder plus que ça, car je me demande encore comment cette génération fait-elle donc pour avoir autant d’efficacité dans l’autodestruction… 

Et, de plus en plus… Je crois que j’avais raison… Sur toute la ligne !

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August172009

You’re leavin’…

I’m about to leave Fuckingtown…

J’en avais franchement ma claque de la connerie des gens, de leur capacité à vous pourrir sincèrement la vie sans que vous n’ayez rien demandé. Je pourrais m’étaler comme ça pendant des heures mais rassurez vous, je le ferai bientôt pour votre^W mon plus grand plaisir. J’ai toujours estimé avoir laissé ses chances à chacun, mais quand la quinzième goutte d’eau déborde du vase, y’a de quoi se demander si même la plus agréable des pipes en valait finalement la peine.

Je quitte Fuckingtown car la poisse s’acharne systématiquement sur le malheureux individu qui n’y était pas franchement préparé, et s’en va faire son cinéma à d’autres qui le prennent pour le roi des cons jusqu’au jour où ça leur tombe sous la peau. Ca pourrait être un epic fail, mais ça n’a d’épique que le pathétique du ressenti humain. Et ça tombe bien, ça me donnerait presque envie de gerber. Comme quoi, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout quand il s’agit de bonnes galères.

Je quitte Fuckingtown car j’en ai eu ma dose de cette grandiloquence déguisée, de ces blings-blings sonores et visuels que l’on voit partout dans la rue et qui, à chaque seconde, viennent vous rappeler que c’est franchement chiant à quasi temps-plein de l’existence, et quand ça l’est pas, c’est qu’il vous arrive une merde !

Mais ça les gens ont du mal à le saisir et vont vous le reprocher… un temps ! Tous tomberont du même avis au final, mais le délire émotionnel humain dérèglerait tout ça. Bref, j’me casse j’ai de la route à faire. Juste que je sais que je vais dans un autre endroit aussi pourri (vu qu’on ne ferait pas mieux), où les gens usent et abusent des mêmes délires franchement risibles qui ne leur apportent qu’une pseudo satisfaction déguisée qui va bientôt se noyer dans la mer de larmes que provoquera un rare évènement qui brisera leur routine à tout jamais. Mais justement, avant de partir, je vais quand même préciser la chose suivante :

One day I will get back to Fuckingtown and my victorious volunty’s bloody flag will proudly camp on its downtown place.

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